lundi 24 mai 2010

Kaïna : "chapitre III "




Aystrae n’en croyait ni ses yeux, ni ses oreilles ! Ça faisait un bon petit moment qu’elle entendait du bruit aux abords de la cité mais elle n’y avait pas prêté attention.
Après tout, s’était-elle dit, je n’ai pas eu une entrée très glorieuse non plus…
Le bruit s’était peu à peu rapproché, elle avait même saisi quelques éclats de voix puissante, ils parlaient d’argent, aucun intérêt pour elle…

Le fracas soudain qui se fit entendre dans l’auberge l’avait tout juste fait ouvrir l’œil … Mais lorsqu’elle vit cet « homme » pénétrer dans sa chambre, son sang n’avait fait qu’un tour, elle avait violemment lancé son marteau contre lui. Il l’avait évité ! Elle bouillait de rage, ELLE, RATER UNE PROIE SI FACILE

Et il osait lui donner des ordres

Suite à ses insultes sans réponses, elle s’apprêtait à lui assener un nouveau coup de marteau qui, c’est sur, ne raterait pas sa cible cette fois ! Mais lorsqu’elle vit les mains de l’homme s’enflammer, elle retint sa respiration et admira le résultat…

«Un mage…»

Elle sauta lestement par la fenêtre et attendit quelques instants.

Vraiment, … Elle avait du mal à y croire, il se présentait, tout guilleret…Alors que l’on pouvait encore entendre les cris de douleurs des mercenaires et sentir l’odeur nauséabonde de leurs chairs brulées…

Elle ne dit pas un mot face à une présentation si … surréaliste… Son esprit était en effervescence mais elle ne voulait pas le laisser paraître…
« Un mage… Un mage Avalonien qui plus est… »
Cet homme était vraiment grand… Même pour un Avalonien… Elle se sentait gênée, elle qui avait pourtant combattu des géants… Se retrouver face à cet homme à qui elle n’arrivait même pas à l’épaule… Elle enrageait.
« Un mage ! Un mage Avalonien ! Et en plus il mesure bien deux têtes de plus que moi ! Et il a osé m’ordonner ! »Pestait-elle dans sa tête «  Mais quand même … Un mage de guerre » pensa-t-elle plus calmement avec une pointe de respect.
Cette petite discussion mentale n’avait duré qu’un millième de seconde.
-Je me nomme Trayshar Aystrae IIIème du nom … dit-elle d’un ton impérieux, Et je te prierais de ne plus me donner d’ordre… A moins que ta virilité et ta fierté d’Avalonien ne te tiennent si peu à cœur ?
-Va quand même falloir bouger là… dit-il sur le même ton que la jeune femme, A moins que ta tête et ta virginité ne te tiennent si peu à cœur ?
Elle enrageait, elle serra ses mains sur le pommeau de son marteau de guerre puis saisit son pavois serti. Qu’avait-il donc tous à la traiter comme une pucelle effarouchée ?! Elle avait surement vu plus de batailles qu’eux ! Enfin c’est ce qu’elle pensait…
-Qu’est-ce-que tu fais avec ça ?! T’vas jamais savoir courir avec un harnachement pareil !
-Ah oui tu crois ? Admire, mage !
Elle s’élança au travers de la brume fraîche de la nuit et disparut presque dans les ténèbres. Seuls ses cheveux d’argent étincelaient à la lueur de la lune …
Elle se sentait libre, elle naviguait entre les courants d’airs comme un oiseau… Elle aurait pu s’envoler, ses pieds effleuraient à peine le sol. Elle savait courir, elle avait toujours su, avec ou sans équipement…
Elle était libre…
Un bruissement non loin lui fit tourner la tête, Durzo courrait joyeusement  à ses côtés…
-Belle nuit pour courir, non ? dit-il en riant
Elle soupira et l’ignora.
« Au moins, il court vite… » Pensa-t-elle.
Elle enrageait, car soit c’était lui l’homme mystérieux décrit par l’oracle, soit elle n’avait plus aucune chance de le rencontrer… Quoiqu’il en soit aucun des deux choix ne lui paraissait agréable…
« Un Avalonien… » Elle essaya de se remémorer les histoires qu’elle avait entendu sur eux… Des fadaises pour beaucoup, elle n’en doutait pas… Déjà ce… Durzo … mesurait moins de quinze pieds, elle en était convaincue. Par contre leur puissance, leur essence magique ne semblaient faire aucun doute…
« Enfin qu’importe, tant que je ne saurai pas pourquoi il est là,… je n’aurai aucune raison de me poser des questions sur sa vie, son origine ou quoique ce soit d’autre »
Le temps de toutes ces réflexions, ils s étaient déjà enfoncés loin dans la forêt.
Aussi elle s’arrêta prestement. S’appuya sur son marteau d’une main, et cala son bouclier serré contre son corps fermement retenu par sa seconde main. Ainsi, son attitude ne dévoilait ni vraiment l’hostilité ou la défense, ni la nonchalance qu’on accorde aux personnes de confiance.
Durzo s’arrêta à quelques mètres d’elle puis revint tranquillement sur ses pas…
Il ne montrait pas le moindre signe d’épuisement. Sa peau était pâle comme les premières neiges de Serenitia… La saison la plus glaciale du pays… Ses yeux noirs brillaient, il semblait encore sous le coup de l’excitation passagère qu’il avait ressentie lors de « la mise à feu » des mercenaires.
Durant quelques instants à peine, Aystrae avait ressenti une sorte de malaise… Elle reprit très vite tout son aplomb et d’une voix d’outre-tombe elle murmura… 
-Alors, mage… Qui es-tu et pourquoi as-tu fui vers ma chambre ?

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