lundi 24 mai 2010

Kaïna : "chapitre V "



Elle se sentit très satisfaite de ce geste et ignora comme à son habitude les jurons de son « compagnon ». Ces derniers temps elle avait de plus en plus de mal à canaliser ses pulsions. Ce petit affrontement avait au moins eu l’avantage de calmer quelque peu sa nervosité. Depuis que l’oracle avait parlé, elle se sentait comme un animal en cage, elle piétinait d’impatience, ne pouvant calmer son esprit.

Maintenant qu’elle avait rencontré son « destin » elle ne se sentait guère mieux, mais sa présence semblait promettre quelques combats agréables !
Elle se sentait étrange, elle n’avait pas pour habitude de se salir les mains… Tuer cette bête à mains nues… rien qu’à le voir, elle frissonna. Pourtant l’adrénaline faisait encore tambouriner son cœur dans ses tempes. Elle se sentait désireuse, elle aurait voulu qu’ils soient encore plus nombreux, elle aurait arraché leur tête poilue de leur corps malingre, aurait planté ses mains dans leurs entrailles et aurait dévoré leur cœur … Elle frissonna de plus belle… Elle n’avait jamais ressenti ce genre d’excitation… Quelque chose semblait bouillir en elle.

Elle prenait toutes les précautions du monde pour essayer de cacher son état à Durzo… Apparemment, elle réussissait assez bien… Les ténèbres lui accordaient leurs faveurs et en avalant presque sa silhouette camouflait toute trace de sentiments de son visage.

Ils atteignirent les ruines sans encombre. Tous deux poussèrent un soupir. Durzo de déception, Aystrae de soulagement, apparemment son envie de sang s’était éteinte au contraire de l’envie de Durzo.

-Faisons des rondes, fit Aystrae d’une voix plate, je commence…

-Quoi ? se plaignit Durzo, mais s’il y a d’autres hommes-bêtes qui surgissent tu t’amuseras seule !

-Je te réveillerais, dit-elle nerveusement.

Elle avait hâte qu’il s’endorme… Elle ne se sentait qu’à moitié à l’aise depuis le combat, d’une part cela l’avait calmé, de l’autre elle avait été terrifiée par ses envies. Elle voulait réfléchir calmement.

Durzo s’appuya sur un pan qui ne tombait pas trop en ruine, il demeura debout… Quelques instants après, sa respiration devint régulière.

« Ca alors ! se dit-elle, il dort debout ! Raaaaaah, ce n’est pas le moment de t’étonner, se blâma-t-elle»

Elle remettait péniblement ses idées en place… Se remémorer ses précédentes batailles… Non elle n’avait jamais ressenti cela auparavant. Elle n’en comprenait pas les raisons et mit tout cela sur le compte de l’énervement et de la fatigue… bien qu’elle ne se sente absolument pas fatiguée.

Son tour de garde se passa sans encombres, elle entendait parfois le hurlement sinistre d’une femme-bête qui avait du découvrir le corps de son mâle.
« Le clan serait sans aucun doute dissout, se dit la jeune femme, les femelles se laisseront mourir de faim sans leurs males pour les nourrir, et leurs rejetons mourraient ou dévoreraient les chairs de leurs parents pour survivre… Quelle existence pitoyable ! Ces créatures ne sont pas dignes de vivre sur De’Enden… »

De’Enden… La plus belle partie du monde aux yeux d’Aystrae… Elle recelait des trésors inestimables… Des milliers de forêts la parcourraient, dont certaines recelant une telle magie qu’elles ne subissaient jamais les aléas des saisons… Même Serenitia ne pouvait faire tomber leurs feuilles ou empêcher l’éclosion de leurs bourgeons. Elle repensa au village et au villageois qui l’avaient recueillie et ne put empêcher ses lèvres d’esquisser un sourire.

C’est à ce moment que Durzo tapa sur son épaule.

Elle se rembrunit, se faire surprendre comme ça, comme une débutante ! Quelle honte !

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