lundi 24 mai 2010

Kaïna : "chapitre IX "



-Ces rustres ont osé me bousculer ! Fit-elle vivement, Quelle musique barbare, ajouta-t-elle bien qu’affichant un large sourire qui en disait long sur ce qu’elle pensait réellement.

Durzo éclata d’un rire franc et sonore.

-Ils ont de la chance de ne pas avoir tâté de mon marteau ! Dit-elle en riant.

-Ah ! Mais tu sais rire aussi dis moi ! Nos coutumes de rustres t’ont quelque peu amoché pourtant ! Fit-il en essuyant un filet de sang qui coulait de l’arcade d’Aystrae.

Soudainement il ressentit une forte puissance magique. Il observa le bar, mais non, la puissance était très proche… Il posa un regard sur son bras droit et ressentit l’impulsion de sa propre énergie.

-V’là que ça déconne encore, pesta-t-il. Jamais tranquille celui là…

Aystrae avait ressenti quelque chose d’étrange elle aussi, comme si un éclair avait parcouru son corps et elle n’avait put réprimer un frisson…

-Tu as lancé un sort.. ? fit-elle plus bas avec une certaine hésitation.

-Non, ça, c’est autre chose…

Il lui montra son bras, il était bandé par endroits mais là ou la peau était visible, elle avait pris une teinte mauve-bleutée. Les muscles de son avant-bras ressortaient d’une manière presque surnaturelle… De plus il était recouvert de cicatrices plus foncées et encore plus profondes que celles qui parcourraient le reste de son corps. Sa main large comme un battoir ne possédait que trois doigts acérés comme les serres d’un aigle et  se terminait en une couleur noirâtre, presque charbonneuse.

On l’aurait cru greffé au reste de son bras…

Aystrae ressentit également quelque chose d’étrange comme une pulsation, un battement singulier…

Quelque chose qui dévore…

Elle prit pourtant un ton plein d’assurances et déclara

-Très décoratif, puis elle ajouta ironiquement, et d’un goût sur.

Elle se sentait très mal à l’aise mais son orgueil l’obligeait à cacher ce sentiment qu’elle ressentait. Surtout, elle en était persuadée, que Durzo ne manquerait pas de rire et de la rabaisser.
Pourtant Durzo afficha une mine maussade en observant son bras, suivi d’un sourire sadique, presque malsain, avant d’éclater à nouveau de ce rire bruyant auquel Aystrae finissait par s’habituer.

-Je trouve aussi ! Une bonne affaire, je te le dis !

Bien que riant, ils camouflaient une certaine appréhension… Oui, son bras véhiculait bien cette sensation étrange que provoque la magie chez tout être, qu’il soit d’Avalon, De De’Enden ou encore même des montagnes gelées de Acar Mynyd , mais ce qu’il avait ressentit auparavant n’avait pas cette aura… Du moins pas la même, il y avait eu quelque chose de serein au milieu de la violence de la magie.
Mais aucun des deux ne voulait avouer ni à l’autre ni à lui- même qu’il ne savait pas de quoi il retournait.
Aussi placèrent-ils cette sensation dans un coin de leur tête et continuèrent-ils leur beuverie.

Après … En fait ils avaient depuis longtemps perdu le compte, donc après « quelques » bières, deux trois dégustations d’alcool maison pour eux et deux trois dégustations de marteau et de flambée humaine pour les importuns.

Les deux voyageurs, devenus bien compères au fil des bières, montèrent se reposer.

-La nuit sera courte, déclamait Aystrae sur un ton théâtral, Bien que nous sachions, amis, frères, où les vents nous portent, qui sait ce que Thrae nous réserve tout de même ? Et comme me l’a dit le père, l’ancêtre : « persvek iejir , irthos »

Durzo suite à ces mots qu’il avait jugé de « l’ancienne langue De’Enden », incanta à la manière des grands mages avec des gestes tout aussi théâtraux que ceux d’Aystrae, simulant un jet de poudre magique qui fit virevolter au dessus d’eux des flammèches d’un rouge sanglant au cœur bleuté.

Ils riaient de bons cœurs, l’alcool de ce petit bar avait bien entamé leur défense. Ils s’affalèrent lourdement sur leurs lits et s’endormirent instantanément.

Durzo dormit presque assis sans un mouvement.

Aystrae passa une moins bonne nuit. Elle n’avait guère l’habitude d’un sommeil aussi profond, et il fût hanté d’images étranges.

Un œil or et sang brillait derrière elle et observait ses moindres faits et gestes, elle massacrait des innocents en exultant de joie. Elle dévorait des chairs crues et rejetait le reste des corps d’un geste nonchalant loin d’elle…

Des voix étranges sifflaient à ses oreilles, elle entendait le nom de ses dieux… « El Solen, Thrae, Aurix…………. » et d’autres ceux qu’on lui interdisait de prononcer …

Une voix de femme hurla d’une voix rauque et sifflante.

-Vutha ! Hurlait la voix et les échos se répercutèrent dans sa tête sans fin.

Elle s’éveilla en nage et avec un poids sur l’estomac, elle s’aperçut alors que son bouclier était sur elle et pesait lourdement sur son thorax.

Elle le rejeta et apercevant l’étrange pierre qui ornait son bouclier se blâma. « Ce que tu peux être stupide avec ça sur le ventre, pas étonnant que tu fasses des rêves pareil ! »

Elle observa son bouclier, il était parcouru d’entrelacs et en son sein serti d’une énorme pierre rouge sang sur son pourtour et or en son centre.

« Le voilà, mon œil malveillant… » Ironisa-t-elle.

-Alors ? Fit joyeusement Durzo ayant observé la scène, Gueule de bois ?

-Pour qui me prends-tu ? répondit-elle froidement, Ce n’est pas cette bière de campagne qui aura raison de moi ! fit-elle d’un ton et d’un air plus enclin à la conversation.

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